Escarp'Haims était présent à l'Assemblée Générale de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, ce dimanche 22 Février 2026 à Migné-Auxances parmi les 34 clubs affiliés et les 2 800 licenciés. Avant de se réunir en assemblée, Alma-Rando, le club local, et la FFRandonnée nous ont proposé une rando d'une petite dizaine de kilomètres.
- le chemin de la bourgeoisie dit "Chemin des Morts" : cette étroite venelle relie le quartier appelé "plan de la bourgeoisie" à la place de l'église. Le mot bourgeoisie désignait ceux qui habitent le bourg, c'est à dire les gens de la ville (notamment marchands et artisans) par opposition à ceux de la campagne. Cette venelle était autrefois dénommée "chemin des morts" car elle permettait aux porteurs de cercueils un accès plus court entre les différentes ruelles du bourg et l'église, alors entourée de son cimetière.
En 1831, en raison de la rénovation de l'église, faisant suite à l'apparition de la Croix lumineuse du 17 Décembre 1826, le cimetière est transféré au lieu-dit "Sous-Remuets" situé le long de l'Auxance en prolongement de la rue de Giroir.
 |
| Le cimetière Sous-Remuets |
Aménagé en 1831, au lieu-dit "Sous-Remuets", sur l'emplacement d'une ancienne carrière d'extraction de pierre calcaire, ce cimetière remplace celui situé précédemment autour de l'église paroissiale. En effet, suite à l'apparition inexpliquée d'une croix couchée dans le ciel le 17 décembre 1826, d'importants travaux sont réalisés sur l'église et ses abords immédiats et il est décidé de transférer le cimetière vers les bords de l'Auxance. Dans ce cimetière communal, un monument commémore l'incendie d'un atelier de fabrication d'explosifs dans les carrières des Lourdines, le 8 décembre 1917. Ce drame coûta la vie à 22 jeunes femmes qui auront droit à des obsèques nationales. Dès le lundi 10 décembre de cette même année, le conseil municipal de Migné se réunit en session extraordinaire, sous la présidence de Mr Jean-Baptiste Berger, adjoint, faisant fonction de Maire. Mr Berger annonce que neuf ouvrières de la commune ont péri dans l'incendie et il adresse ses condoléances aux familles. Il propose au conseil un vote afin d'offrir aux victimes de cet accident une concession perpétuelle et gratuite, ici, dans le cimetière communal des Sous-Remuets. Ceci est accepté à l'unanimité.
Lors de la séance du 6 Juin 1922, le conseil municipal choisit Mr Girault, sculpteur à Chasseneuil, pour réaliser le monument qui fut placé dans ce cimetière durant le 1er trimestre 1923. Une plaque de marbre porte les noms des 9 jeunes femmes originaires de Migné. Huit victimes sont enterrées sous cette stèle. Mme Augustine Compaing, originaire de la commune, a été inhumée à Blois, à la demande de sa famille. Ici, reposent également 29 soldats morts pour la France, rapatriés des nécropoles nationales, peu après la fin de la première Guerre Mondiale.
Les espèces présentes ici sont liées aux habitats souterrains ou aux milieux secs et ensoleillés. Parmi elles, beaucoup sont fragiles et certaines protégées. Pour respecter et préserver ce patrimoine naturel d'exception, le conseil municipal a pris un arrêté interdisant la circulation des véhicules à moteur sur les chemins signalés par un panneau sur les "Lourdines" et au lieu-dit "Roule-Cul".
Malgré des conditions de vie difficiles, les insectes se sont installés dans les prairies et autres lieux fleuris du site. On dénombre ici, plusieurs dizaines d'espèces de papillons de jour dont l'azuré du serpolet, une espèce très exigeante qui mène une vie en lien avec les fourmis. La Laineuse du Prunelier, rare et protégée, est aussi présente.
 |
| Azuré du serpolet |
 |
| Laineuse du prunellier |
Les friches et les pelouses des Lourdines sont favorables à l'expression d'une multitude de plantes rares, et parfois protégées, à l'image de l'Odontite de Jaubert, du Miroir de Vénus ou de l'Astragale de Montpellier. Elles cohabitent ici avec un cortège d'espèces typiques des sols secs sur calcaires et bien exposés. Les cavités du sous-sol sont riches de 14 espèces de chauves-souris en hiver. Ces mammifères volants absorbent une grande quantité d'insectes leur permettant de stocker l'énergie nécessaire aux 6 mois d'hibernation. Plusieurs milliers d'individus sont recensés chaque année : Grand Rhinolophe et Murin à oreilles échancrées en tête !
 |
| Odontite de Jaubert |
 |
| Miroir de Vénus |
 |
| Astragale de Montpellier |
 |
Grand rhinolophe
|
 |
| Murin à oreilles échancrées |

Le Maquis Anatole : lors de la Seconde Guerre mondiale, les carrières des Lourdines sont réquisitionnées par la marine allemande pour y entreposer des armes et des munitions. Dans la nuit du 14 au 15 Août 1944, informés par un milicien, des S.S. de la Kriegsmarine qui gardent le site vont encercler le château de La Roche de Bran à Montamisé (propriété de la famille De Murard de St Romain) dans lequel se sont réfugiés des résistants du groupe Anatole qui veulent participer à la libération de Poitiers. Bien qu'un grand nombre d'entre eux ait pu s'en sortir, le groupe Anatole n'a pas pu éviter la capture de six de ces hommes. La Comtesse, sa fille Isabelle, son fils Geoffroy sont arrêtés et emmenés aux Lourdines pour y être interrogés sans ménagement, puis incarcérés à la prison de la Pierre Levée à Poitiers avant d'être libérés quelques jours plus tard. Retenus également dans la carrière de Château-Gaillard, les 6 FFI blessés sont interrogés et torturés avant d'être fusillés à une date incertaine entre le 16 et le 18 Août. Leurs corps seront retrouvés dans un champ proche des carrières le 11 Septembre. Le 15 Août, les communs sont pillés et incendiés. Le 17 Août, le château familial est brûlé. Le FFI Louis ALBERT, envoyé en reconnaissance le 17 Août à La Roche de Ban fut capturé à son tour et fusillé immédiatement à proximité du château.
Mme Andrée CHOFFAT, qui avait rejoint son mari maquisard, Oscar (lieutenant FFI), sera envoyée en déportation, le 1er Septembre 1944, dans le camp de concentration de Ravensbruck où elle mourra le 7 Mars 1945. Le maquis Anatole est né de la volonté d'un homme, Ludovic BONVALET, et comprenait en 1942 une dizaine de personnes. A partir de Mai 1944, assisté d'Alfred BOURDIN, le maquis est rattaché au groupement FTP Amilcar-Vienne Sud et comptera (en Août 1944) une centaine d'hommes.
 |
| Le château de La Roche de Bran avant sa destruction |
 |
| Le lavoir et la bugée |
Situé place de l'église, au débouché du chemin du Pré-Armé, du nom des terrains (vraisemblablement à l'origine appelés prés d'armes) entourant le château d'Auxances, ce lavoir ne se situait pas sur la rivière Auxance mais sur le bief amenant l'eau vers le moulin dit du cimetière lorsque ce dernier se situait auprès de l'église avant son déplacement en 1831. Sur la carte postale à gauche, on distingue une partie de l'ancienne halle du marché qui accueillait les marchands ambulants pour le marché hebdomadaire et servait de remise au corbillard municipal. Elle sera détruite en 1923 au moment de l'édification du monument aux morts. Lieux privilégiés pour les rencontres, et les commérages, les lavoirs, nombreux sur le cours de la rivière, occupaient une place importante dans la vie du village. Les femmes venaient y rincer le linge de la bugée : grande lessive annuelle du linge de maison. Le linge était ensuite étendu sur les prés environnants ou suspendu à des cordes placées entre les arbres.
Au XIXème siècle et début du XXème, la vie quotidienne dans la commune était rythmée par 2 activités principales : la viticulture et l'extraction de la pierre calcaire.
La viticulture : le vignoble s'étendait sur plus de 300 hectares, de Limbre aux Lourdines en passant par les côteaux d'Auxances et jusqu'à Nanteuil en remontant sur les côteaux de Chardonchamp. Ces vignes produisaient un vin rouge ordinaire, le vin blanc était de meilleure qualité particulièrement celui produit à Chardonchamp. Le travail du vin faisait vivre une importante population. En 1878, le phylloxéra détruisait en quelques années la totalité du vignoble provoquant le départ de plusieurs centaines d'habitants.
L'extraction de la pierre calcaire : le territoire de la commune comptait plusieurs carrières aux Lourdines, à Bel Aire, Limbre et Chardonchamp. La pierre calcaire de Migné-Auxances était réputée car propice à la taille et à la sculpture. Plus de 400 personnes étaient employées dans ces différentes carrières. L'utilisation du béton a entraîné un lent déclin de la production. Plusieurs carrières étaient alors utilisées pour la production des champignons de couche. De 1945 à 1990, les carrières de Château-Gaillard étaient utilisées pour y entreposer du matériel militaire. Aujourd'hui, la carrière de Belle-Roche est toujours en activité. Elle travaille essentiellement pour les monuments historiques français et exporte vers plusieurs pays étrangers dont le Japon et l'Allemagne.
Et entre la rando de ce matin et l'Assemblée Générale de cet après-midi, nous avons partagé un délicieux repas avec tous nos amis licenciés de la Vienne.
La Fédération Française de Randonnée fourmille de projets : une action d'information sur la conduite des randonnées en sécurité, des formations de baliseurs et d'animateurs, perfectionnement en marche nordique, journées de découvertes de nouvelles activités comme la marche aquatique ou les bâtons dynamiques. Une itinérance de 5 jours sur un tronçon du GR100 et une journée inter-clubs sont également au programme.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire