dimanche 24 novembre 2024

Pleumartin au vent...

Encore du vent, toujours du vent, mais pas assez pour chasser les nuages, alors du gris, toujours du gris. Le stagiaire a encore un excellent prétexte pour ne pas se mettre au boulot encore aujourd'hui ! Nous totaliserons 23 km pour un énorme dénivelé positif de 57 m. Grimper au sommet des éoliennes pour faire exploser le compteur n'était pas chose facile....

La magnifique halle de Pleumartin

Un peu d'histoire sur la halle : en 1652, les terres de Pleumartin sont élevées au titre de Marquisat (terres qui conféraient à son possesseur le titre de Marquis). C'est alors qu'est construite une halle, constituée de cinq fermes avec un toit à deux pans. Puis, une trentaine d'années plus tard, deux coupes y sont ajoutées, de deux fermes chacune, lui donnant un toit à quatre pans aux dimensions généreuses (26 mètres x 12.50 mètres). Quarante piliers de chêne sur des dés de pierre supportent alors l'édifice. La halle héberge les foires et marchés. Bien que l'on connaisse assez mal le déroulement des marchés et des foires, le seigneur de Pleumartin semble posséder un droit de fermage sur les halles. A la fin du XIXème siècle, la halle présente alors de nombreux signes de vétustés qui font craindre pour la sécurité des marchands. 
En 1898, la commune décide de l'acquérir pour la revendre et la démolir. Cette époque voit également s'accroître la prospérité et le développement des foires à bestiaux. On a alors le souci d'adapter la place à cet état de fait. La mairie, au centre de la place, est elle aussi rasée vers 1920 pour être reconstruite en périphérie. La halle est rachetée par un propriétaire terrien pour être démontée. On évite ainsi que les éléments ne soient dispersés dans différents ouvrages de charpente. L'acheteur la rebâtit dans une commune voisine pour devenir une grange à fourrage. Elle est alors ceinturée de murs, les piliers sont enlevés et deux grandes portes sont ouvertes symétriquement sur les grands côtés, supprimant ainsi une ferme pour réaliser des chiens assis. En 1997, la propriété est vendue. Son nouveau propriétaire, non agriculteur, devant les travaux de couverture nécessaires, et ayant pris connaissance de l'histoire du bâtiment, décide de proposer gracieusement la structure à la commune de Pleumartin.
Après quelques années, le projet de réhabilitation est monté et financé. La halle est réimplantée sur la place du bourg à quelques mètres de son lieu d'origine, ouverte aux quatre vents. Les travaux de réhabilitation ont eu le souci de ne pas effacer les traces de l'histoire. 
A l'automne 2003, la halle présentait une couverture dans un état relativement médiocre. La tempête de 1999 avait causé de nombreuses infiltrations d'eau. Les petits éléments de charpente étaient irrécupérables pour la plupart, par contre, tous les piliers et les gros éléments pouvaient être conservés. Les piliers avaient été allongés vers 1900, d'environ un mètre, ils ont désormais retrouvé sensiblement leur taille initiale. La halle présente un faîtage d'environ 10 mètres. L'ensemble a été démonté pièce par pièce, après avoir été découvert (50 % des tuiles récupérables). 
En février 2004, chaque pièce a été notée et toute la structure a été acheminée en atelier. Les charpentiers de la Sté Dewitte ont réparé, remplacé, recréé tous ces éléments aux cotes définies avec l'architecte, au plus près de l'original puisque la commune ne disposait d'aucun élément précis. Le laboratoire de dendrochronologie (analyse des cernes de croissance du bois) de Besançon procède alors à des prélèvements de bois pour réaliser la datation de la halle. Celle-ci permet d'établir sa date de construction vers 1650, recoupant les éléments d'archives de la deuxième moitié du XVIIème siècle. Pendant cette période de préparation de la structure en atelier, le terrassement est réalisé et les dés sont mis en place. Quatorze d'entre eux sont d'origine, les autres ont été taillés dans la pierre du pays. La structure s'élève sur la place pendant le mois de mai, ferme après ferme, jusqu'au poinçons. Des dizaines de chevilles d'acacia façonnent cette cathédrale de bois. Un voligeage en châtaigner est réalisé sur les chevrons de chêne. La couverture est achevée fin juin. Le complément de vieilles tuiles est fourni par l'entrepreneur. Des caniveaux en pavés ceinturent l'édifice. Au sol, un béton désactivé avec des éléments grossiers remplit les neuf espaces séparés par les même pavés. Un équipement d'éclairage direct et indirect dans le sol termine le chantier en septembre 2004. 
La commune assume seule les frais de fonctionnement : l'éclairage, l'illumination nocturne et l'entretien régulier. Celle-ci est surprise de l'intérêt et de la curiosité suscités par cette reconstruction. Au cours de l'été, un grand nombre de touristes s'arrêtent pour découvrir l'édifice. De nombreux témoignages d'encouragement ont salué la réhabilitation de la halle et plus particulièrement le travail des artisans intervenant sur le chantier. Cet édifice est à la disposition de toute la population lors des manifestations festives ou autres. La halle a dont entamé une seconde jeunesse. 
Cent ans après la disparition de son ancienne halle, Pleumartin inaugure donc le XXIème siècle sur une renaissance (article Pleumartin.com).

Le bambou a son utilité, même pour supporter cette frêle petite rose à l'approche de l'hiver



Drôle de chouette ?

Celui-là a jeté le manche !












Perdrix rouge ??

Merci Annick pour la mise à disposition de cet endroit idéal pour notre pique-nique
au chaud, micro-ondes, toilettes, apéro, pizza offerte par Jean-Luc.....
















L'étang de Saint Sennery

L'étang fut creusé en 1934. Pour transporter la terre de l'étang, des wagonnets avaient été prêtés par le propriétaire de La Boissière. Le petit chalet sur pilotis au centre était entouré de piliers en faux bois (béton) qui ont disparu à ce jour. L'exposition coloniale de 1931 a peut-être inspiré nos anciens en souvenir d'un paysage indochinois... L'intérieur de l'abri comporte une cheminée, un placard et trois peintures murales de paysage au bord de l'eau qui ont traversé le temps. Deux d'entre elles sont signées par des prisonniers allemands qui auraient travaillé dans des fermes du secteur, la zone étant libérée depuis l'été 1944. Cet étang fut ensuite vendu à Mr Béland pour être finalement acheté par la commune en 1991. La propriété acquise représente 5.8 ha dont 2.8 h d'étang et 3 ha de prairie au-dessus du petit étang avec deux parcelles de chaque côté du chemin. En 2000, la commune a acheté des parcelles rive droite, certaines boisées et une autre jouxtant celle de 1991 sur le bord de la route, aux Consorts Besland et Juttand. Ainsi, les terrains acquis forment une propriété d'une dizaine d'hectares autour de l'étang. 
La Luire, déviée sur le flanc est de l'étang, en est séparée par une digue large de 6 à 10 m environ. L'empoissonnement y est varié : carpes, gardons, tanches, brochets... Un chemin de randonnée a été créé et divers aménagements ont vu le jour (poubelles, garde-fous). Des panneaux d'interprétation ont été installés en 2003 pour montrer la faune et la flore locales. En septembre 2007, l'étang est curé et la vase répandue dans le pré est nivelée au printemps suivant. Un fossé est alors creusé pour limiter les entrées d'eau lors de crus dans le fond de la vallée. Les rives sont engazonnées et bordées de grandes et petites plantations : aulnes, saules, petits arbustes de toutes sortes ainsi que fleurs vivaces dispersées ça et là. Les îles, nettoyées, servent de refuges aux canards (nonette rousse, canard pilet, colvert). A la suite de ses travaux d'aménagement, le chalet est restauré, un coin pique-nique et un terrain de pétanque sont aménagés. Ces travaux d'entretien et d'amélioration sont régulièrement effectués par les employés communaux et une équipe de bénévoles. Aujourd'hui, la gestion de l'étang et de la pêche est assurée par l'association Pleumartinoise de l'Etang de Saint-Sennery. Ce site est principalement au lieu de détente et de loisirs. Des manifestations s'y déroulent, l'exposition de voitures, les multi-randonnées des Vals-de-Gartempe, etc... Continuons à protéger ce lieu, sa faune et sa flore....









mercredi 20 novembre 2024

MORTHEMER, du calme avant la tempête....

Quelle chance d'avoir échappé au mauvais temps ! un bel après-midi, entre deux journées à ne pas mettre un chien dehors. Le stagiaire nous promène aujourd'hui autour de Morthemer sur presque 14 kilomètres. 

Mais il ne fait pas un froid de canard




















Tout le monde se presse pour la pause "4 heures"
Merci à Jeannine pour le gâteau noix/chocolat et à Sylvie pour les pains aux raisins








Eglise et ancien presbytère de Salles

Un peu d'histoire sur cette petite église : Salles de seli ou saal d'origine germanique signifiant "chambre, château" évoque un lieu de pouvoir. L'église médiévale romane de Salles (XIème et XIIème siècles) est placée sous le vocable de Saint-Martin. Elle avait le titre paroissial de prieuré-cure Saint-Martin qui dépendait de l'abbaye d'Airvault (au nord de Parthenay). Le curé de la paroisse résidait donc à Salles dans le logis se trouvant toujours à droite de l'église au grand portail gris. De fait, l'église Saint-Hilaire de Toulon (Salle-en-Toulon de nos jours) bien plus imposante de nos jours, n'était en fait qu'une annexe ne possédant ni ciboire, ni ornements sacerdotaux. Cette situation de fait déplaisait fortement aux habitants de Toulon dont l'animosité serait justement à l'origine de la réduction de taille de l'église St Martin de Salles.
L'histoire commence en 1756 lorsque le vieux curé Pierre Andrault décide, après en avoir avisé l'évêque de Poitiers, de fermer l'église St Hilaire de Toulon et de n'exercer son office que dans l'église St Martin de Salles. "Quoi" ? se disent les habitants de Toulon... "jeter un interdit sur notre humble église sans même être prévenus !". Indignés et à juste titre, ils décident, avec l'aide de Messire Jean François Antoine de la Haye Monbault, seigneur baron de Morthemer, d'interjeter appel pour abus en la cour du Parlement de Paris. En 1763, toujours pas de décision. Le curé célèbre désormais les messes sans respecter ni horaire, ni calendrier, n'est jamais là quand on a besoin de lui à Toulon pour les décès ou les baptêmes ! Vous imaginez les conséquences par exemple pour les enterrements. De plus, les enfants du catéchisme sont employés par le curé pour bêcher ses vignes, voiturer des pierres, etc....
Tout est dit devant le notaire Barbot de Morthemer ! Ouf ! le 5 Avril 1768, le prieur-curé Andrault a le bon goût de rendre son âme à Dieu. Tout va rentrer dans l'ordre avec le nouveau curé André Voyer, ou à peu près. En effet, il reprend dans son registre le titre de curé de St Martin de Salles et de St Hilaire de Toulon, son annexe. Mais la rancune est tenace puisque, selon une tradition orale, pendant la Révolution (mai 1789-novembre 1799), les habitants de Toulon (de nos jours Salles-en-Toulon) ont incendié la nef de l'église de Salles par réaction contre l'ex-curé qui les obligea à venir aux offices à Salles. Des abords de la route jusqu'au portail actuel, se trouvait donc l'entrée de l'église d'origine et sa nef. Quand vous marchez sur la pelouse, vous êtes donc déjà entré dans l'église romane antérieure ! 
Le fronton actuel et son clocheton ont été construits sans doute dans la 1ère partie du 19ème siècle en murant le chœur côté nef, ce qui fait dire à ceux qui ignorent ce drame qu'il ne s'agit que d'une "chapelle". L'originalité de cette église réside désormais en son chœur dont l'autel et la balustrade sont restés dans leur jus, l'autel resté accolé au mur du chevet et non pas déplacé et tourné vers les fidèles comme édicté par les directives des suites du Concile Vatican II (après 1965).

Photo issue du site de Valdivienne




Chapelle funéraire de la famille De Soubeyran

Ce monument a été conçu par Emile Boesswillvald (1815-1896) un des plus grands architectes de son temps, élève de Viollet-le-Duc. Le Baron de Soubeyran lui confia la restauration du château de Morthemer et la réalisation de ce mausolée. Les plans de cet édifice, datés de 1885, sont conservés aux archives départementales de la Vienne. 


Il est temps de rentrer, la nuit tombe









Le stagiaire essaie de récupérer ses points....








Grosse tour cylindrique contenant un pigeonnier. La tour est en petit appareil de maçonnerie soignée. Elle servait également à la défense du site (château de La Donalière) car elle conserve deux embrasures rondes utiles pour le tir de flanquement à l'est et au nord pour de petites armes à feu.